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  • Comment se former à la photo culinaire

    Pourquoi et comment se former à la photographie culinaire ? Peut-on apprendre en autodidacte ? Doit-on faire obligatoirement une formation ? Comment bien choisir sa formation ? Quelle différence entre une pratique amateure et professionnelle dans le choix de la formation ? Autant de questions que l’on peut se poser lorsqu’on décide de se lancer dans le monde merveilleux de la photo culinaire. Et je vais tenter d’y répondre dans cet article. 

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    Au programme de cet article

    Se former en autodidacte à la photo culinaire

    C’est souvent la première intention lorsqu’on débute. Aller chercher de l’info sur internet, regarder des tutos, des vidéos, des masterclass sur la photo culinaire. Il existe de très chouettes blogs, des chaines Youtube ou comptes Instagram dédié au sujet qui regorgent de super infos et d’astuces.

    Malheureusement pour les non-anglophones, la majeure partie est en anglais. Consommer ou télécharger des ressources gratuites est une très bonne manière de se familiariser avec le contenu d’un·e photographe culinaire qui forme d’autres personnes à ces techniques et à ce métier.

    Mais ça ne suffit pas et ça peut vous faire perdre du temps si vous souhaitez vous former de manière efficace et rapide pour avoir un bon niveau sans attendre des années. 

    Pourquoi ? Parce que lorsqu’on débute en photographie culinaire on ne sait pas ce qui est le plus important. On va papillonner sans savoir sur quoi se focaliser ni par où on devrait commencer. Les tutos sont idéaux quand on cherche à apprendre à faire quelque chose de précis, découvrir des techniques, mais ne sont pas regroupés dans un cursus clair et logique. 

    De plus il est rare de trouver des tutos ou contenus gratuits qui vont vraiment au bout des choses et sont exhaustifs, et c’est bien normal. Ce n’est pas le but de ce type de contenu qui doit être simple et rapide. Les photographes qui proposent des tutos vont généralement proposer des formations plus complètes à côté. Leurs tutos vous permettent de savoir si leur style d’apprentissage pourraient vous convenir et vous donner un aperçu de leurs formations.

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    Formation en ligne à la photo culinaire

    Se former en ligne à la photographie culinaire est le plus simple quand on débute. Mais c’est également idéal pour continuer de se former en continu au fil du temps. L’offre en anglais est assez riche avec des formations sur des sujets très spécifiques comme chez Two Loves Studio (Lightroom, CaptureOne, Composition) , The Bite Shot (Lumière artificielle) ou plus généraliste comme chez Foodtography School ou Food Photo Academy. Depuis quelques années, on trouve des formations en français également, comme celle de Sandrine Saadi sur Empara, mais souvent on va trouver des formations par des photographes qui sont un peu moins expérimentées (ce qui est complètement ok, tout le monde n’a pas 10 ans d’expérience) et vont donc plutôt s’adresser aux personnes qui débutent. C’est parfait si c’est votre cas. Mais vous aurez surement besoin de formations plus avancées par la suite pour continuer d’évoluer (et ça aussi c’est complètement ok, dans ce métier, on vise une amélioration continue).

    Comment choisir sa formation en photo culinaire ?

    – Assurez-vous que le style de la personne qui va vous former vous convient. A la fois dans sa manière de transmettre son savoir-faire, il faut un minimum de pédagogie et de connaissances pour créer des formations vraiment utiles. Egalement, c’est tout bête mais si vous ne supportez pas la voix de la personne (je le mentionne car ça m’est arrivé il y a quelques années sur une formation que j’avais acheté 😅) vous aurez peut-être plus de mal à suivre les vidéos. Mais assurez vous aussi que visuellement ses photos vous « parlent », correspondent à ce que vous souhaitez atteindre. Même si l’on souhaite être complèt·e dans une formation, en tant que photographe on va toujours transmettre notre vision des choses, notre manière de faire et c’est bien normal, c’est souvent ce qui fait qu’on se démarque des autres. 

    Assurez vous que la personne qui a créé la formation a vraiment un bon niveau en photo, exerce ce métier depuis plusieurs années. Je n’aime pas critiquer pour le plaisir, mais aujourd’hui on trouve vraiment de tout en matière de formation y compris des personnes qui feraient bien de se former un peu plus avant de vendre des formations (Sorry, not sorry, fallait que je le dise !). Les red flags : des photos mal exposées, des problèmes de focus, des compos bancales. Si la personne n’a pas les bases, elle pourra difficilement vous les transmettre. 

    Regardez le cursus complet pour voir s’il correspond à vos besoins. 

    – Renseignez-vous sur la manière dont vous allez pouvoir mettre en place les choses. Est-ce que ce sont uniquement des vidéos à regarder ou est-ce qu’il y a également des exercices, des documents de travail, des outils qui vous sont fournis ? 

    Financement : je sais que pour beaucoup de personnes qui pensent à une reconversion professionnelle, le fait que la formation soit ou non accessible via le CPF est un critère important. Malheureusement ça ne dit rien de la qualité du contenu de la formation. Devenir organisme de formation et avoir la certification Qualiopi demande du temps et c’est une procédure très fastidieuse qui peut vite décourager si l’on a déjà beaucoup de travail à côté. De plus ça ne fonctionne que pour des formations délivrées par des entreprises françaises. Mon conseil : même si ça vous coûte de l’argent, préférez une formation qui vous sera vraiment utile qu’une formation financée par votre compte de formation, qui ne serait pas du tout votre premier choix si vous deviez la financer vous-même. Investir dans son entreprise ou sa future entreprise, sur ses compétences, sur votre meilleur outil de travail = vous, est quelque chose de normal et nécessaire quand on est photographe.

    Se former en présentiel à la photo culinaire

    Les workshops 

    C’est idéal pour vraiment comprendre comment fonctionne la lumière, avoir quelqu’un qui va vous montrer vraiment comment faire avec précision, pouvoir vous corriger. Pour cela les workshops sont vraiment top et permettent de rencontrer d’autres photographes culinaires. Mais ça ne peut pas être aussi exhaustif qu’une formation complète (sinon il faut une formation qui dure au moins une semaine) et souvent il n’y a pas de support vidéo pour pouvoir revoir ou refaire les exercices. Les workshops sont géniaux pour comprendre comment travaillent les photographes qui les animent et leur poser vos questions.

    Les écoles de photo

    Il existe des formations professionnelles, des cours, ateliers et des masterclass dispensées par des écoles photo (comme Gobelins ou d’autres). Elles ont souvent un prix assez élevé et sont plutôt à destinations des personnes qui ont déjà une certaine maitrise de la photo. Bref pas ce qu’il y a de plus accessibles aux photographes culinaires qui débutent. 

    Elles ne sont pas pour autant à éliminer d’office, mais je vous recommande d’obtenir des avis de photographes qui les ont suivies. Investir jusqu’à plusieurs milliers d’euros sans avoir si ça va vous convenir n’est pas forcément la meilleure chose à faire si vous débutez.

    Les sommets et conférences

    On a eu l’habitude des sommets en ligne, mais depuis 2 ans, le Sommet de la photo culinaire existe en présentiel à Paris. Organisé par des photographes culinaires pour des photographes culinaire, cet événement d’une journée permet à la fois de découvrir des techniques, des approches différentes, des concepts business, de booster sa créativité et rencontrer d’autres photographes. J’y ait été présente comme intervenante en 2022 et 2023 et j’y serai en tant que simple participante cette année où les photographes créatrices de l’événement ont invité entre autre de très beaux noms de photographie culinaire non-francophones. Ce genre d’événement est rare, donc vraiment si vous voulez en savoir plus sur ce métier, apprendre de nouvelles choses et commencer à vous créer un réseau, allez-y ! Et n’hésitez pas à venir me voir si vous m’y croisez 🤓

    En bref

    Le présentiel est idéal pour se perfectionner, comprendre des choses qui nous échappaient jusque là et passer quelques jours super motivants avec d’autres photographes. Pour moi ça reste complémentaire d’une bonne formation de base soit dans un deuxième temps ou alors pour une première immersion dans la photo culinaire à approfondir ensuite. Vérifiez bien à qui s’adresse le workshop ou la formation, notamment s’il y a des pré-requis en terme de matériel à avoir ou de compétences.

    Formation pour devenir photographe culinaire

    Selon votre objectif, toutes les formations en photo culinaire ne vous conviendront pas forcément. Si vous voulez juste réalisez des photos pour votre blog, la partie business du métier de photographe culinaire ne vous sera pas indispensable. Par contre si vous souhaitez vous reconvertir ou proposer une prestation de photographie culinaire en plus de ce que vous faites déjà (par exemple si vous êtes community manager) vous allez avoir besoin d’un peu plus que les bases. Selon moi il y a 3 piliers pour une activité de photographe culinaire qui marche : une bonne maitrise technique (matériel, lumière, post-prod etc), la maitrise du process créatif et être capable de proposer ces choses intéressantes ( compo, stylisme, storrytelling, traitement des photos…) et la partie business. Si vous voulez devenir photographe culinaire, vous aurez peut-être besoin de faire plusieurs formations pour progresser sur ces trois aspects. Et c’est complètement normal. Faire de bonnes photos est indispensable, mais ne suffit malheureusement pas à réussir durablement dans ce métier. C’est d’ailleurs pour cela que j’accompagne et forme les photographes culinaires  sur la partie business en plus de leurs photos. 

    Gardez en tête, que la formation dans un métier qui est à la fois très technique et très créatif (mais également très compétitif) est une démarche constante d’amélioration continue. Les photographes que vous admirez sur Instagram se forment très probablement régulièrement pour avoir toujours un meilleur niveau, maitriser des techniques plus poussées et aller chercher des clients et des budgets plus importants. Moi la première, je me forme régulièrement (j’achète au moins une formation par an) que ça soit sur la photo, le marketing, le business etc.

    Se former pour prendre en photo ses recettes ou ses produits

    Si vous avez pour but de faire la promotion de votre restaurant, de vos pâtisseries ou encore de vos produits en réalisant vous-même vos photos, vous avez besoin de vous former. Mais gardez à l’esprit, que réaliser des photos aussi bien qu’un·e photographe expérimenté·e ne se fait pas en quelques semaines. Formation, matériel, stylisme, tout ça va vous demander du temps et un certain budget. Si vous êtes passionné·e d’image, allez-y, mais si vous voulez simplement faire des économies, cette approche low budget de votre communication est peut-être à revoir. De bonnes images, créatives et impactantes peuvent vraiment faire la différence et vous démarquer de la concurrence. Avez-vous vraiment autant de temps à investir sur le poste photographe ? Est-ce que vous ne seriez pas plus rentable à faire autre chose dans votre entreprise ? Quel pourrait être le retour sur investissement de photos réalisées par un·e photographe pro ? Ce sont vraiment des questions à vous poser.  Mais bien-sûr, si vous débutez, que vous n’avez pas du tout de budget, il vaut mieux effectivement vous former et réaliser de meilleures photos que d’avoir des photos un peu pourries qui ne vous aideront pas à vendre vos produits ou à remplir votre restaurant. Dans ce cas je vous recommande de vraiment bien choisir votre formation en vous dirigeant vers quelqu’un qui propose par exemple une formation spécialisée dans la photo de restaurant ou de produits (qui sont différents & plus techniques à photographier qu’un plat)

    FAQ

    Le sujet mérite un article à lui tout seul mais le mini-minimum c’est d’avoir une entreprise avec la bonne forme juridique pour exercer et donc pouvoir vendre ses photos. D’avoir également les compétence techniques et créatives pour réaliser de bonnes photos qui peuvent être utiles aux entreprises à qui vous allez les proposer. Et ensuite de définir une cible, voir une niche car la photo culinaire c’est très vaste ! Faire des photos pour des restos ou des livres ce n’est pas tout à fait la même chose. Avoir un projet pro bien défini, connaitre sa cible et savoir comment trouver des client·es est indispensable pour vivre de ce métier.

    La maitrise de la lumière est LA base pour tous les types de photographes, mais ensuite il faut maitriser les subtilités de la lumière en fonction des sujets et on n’éclaire pas tout de la même manière. Une bonne connaissance de la technique photo de base est indispensable à tou·tes les photographes, mais quand on se spécialise il faut en plus se former sur les spécificités de la photo culinaire. On n’utilisera pas les mêmes optiques ou les mêmes techniques de retouches que les photographes de paysages par exemple. D’où l’importance de se former avec des spécialistes et des photographes qui vous transmettent leur manière de faire. Maitriser les notions de composition, de stylisme culinaire et de post-production sont également des indispensables, donc veillez à ce que cela fasse partie des formations que vous allez choisir. 

  • Débuter avec la lumière artificielle en photographie culinaire

    Pendant longtemps dans le milieu des blogs culinaires et des photographes qui travaillent surtout sur Instagram (spoiler : en vrai, le marché de la photo culinaire est loin de se limiter à ces deux supports !) il y a eu ce mythe : “ La lumière naturelle c’est mieux “ et qu’elle serait ”plus belle que la lumière artificielle”. En fait c’est complètement faux.
     
    La lumière naturelle présente plein d’avantages :
    • – elle est gratuite
    • – elle est dispo tous les jours
    • – elle est effectivement très jolie (si on a une exposition et une météo idéales)
    • – elle offre (whouhou quel scoop) un rendu très naturel
    Mais elle présente aussi des inconvénients :
    • – quand il fait nuit ou sombre tu peux te brosser
    • – à moins d’avoir une exposition plein nord elle varie au cours de la journée
    • – elle varie aussi selon la météo et les saisons
    • – comme elle n’est pas forcément stable elle demande à être maitrisée si on veut un résultat spécifique ou précis
    • – on dépend de ce qu’elle a a offrir (si tu veux travailler une lumière dure un jour nuageux, c’est mort 💀)
    Réaliser une série de photos où la lumière et la balance des blancs doivent être identiques alors que la lumière ne fait que de bouger au fil des heures et que sa température de couleur évolue aussi, demande plus de travail à la fois en prise de vue et en post-production. Ce n’est par exemple pas franchement adapté à la photo de produits.
     
    Lorsqu’on doit réaliser des photos pour un·e client·e qui veut quelque chose de très spécifique ou qu’on a besoin d’un rendu nickel et similaire sur différentes photos, travailler uniquement en lumière naturelle peut s’avérer super galère. Quand la luminosité ne fait que de bouger, il faut s’adapter en permanence et si on doit shooter un truc un peu sensible, c’est loin d’être évident. 

    Et même si vous réalisez des photos pour vous, ne pas pouvoir shooter souvent après 16h en hiver n’est pas super pratique. Je ne compte plus les photographes ou blogueuses qui m’ont dit “ah mais je vais enfin pouvoir shooter le soir 😱” en passant à la lumière artificielle. Bien sûr, l’idée n’est pas du tout de renoncer à la lumière naturelle ! Mais plutôt, de savoir comment la reproduire quand ne peux pas compter sur elle (et dans un deuxième temps, pouvoir créer toutes les lumières qu’on veut 😍)
    La réalité que j’ai pu observer c’est que toutes les photographes que j’ai accompagnée qui sont passées à la lumière artificielle l’ont vécu comme une libération. Enfin pouvoir shooter quand je veux, sans dépendre de la météo ou d’une fenêtre idéalement exposée.
     
    Et la plus grande surprise a été que c’est bien plus facile que ce qu’elles ne pensaient. Car si oui, la maîtrise de l’éclairage en studio est ultra technique et demande des années de maîtrise, notamment pour la photo de produits, on peut obtenir un résultat similaire à la lumière du jour facilement avec très peu de matériel.
     
    Pour débuter en lumière artificielle sans avoir de grandes connaissances techniques préalables, on dispose aujourd’hui d’un type de matériel génial et abordable qui n’existait pas il y a 15 ans : la lumière continue en LED. Pas besoin de se ruiner, ni de savoir utiliser un flash. Bien sûr, la LED a ses limites, les mêmes que la lumière du jour : elle n’est pas très puissante (en tout cas dans le matos bon marché). 
     
    Vous ne figerez donc pas des splashs avec de la LED, mais pour des photos de recettes ou de produits, ça fait très bien l’affaire pour débuter.
     
    Attention : on ne va pas utiliser les petits panneaux leds vidéo, mais des “torches”, le même format que les flashs monoblocs. Elle vont nous permettre d’y attacher les mêmes accessoires (bols, softboxes, etc) que sur des flashs, afin de travailler et modeler notre lumière. 
     
    Et on peut même pour un rendu super naturel, se contenter de réfléchir la lumière de la torche sur une grande surface blanche (comme un mur ou un grand réflecteur). Les photographes à qui j’ai partagé cette astuce et qui l’ont testé ont halluciné du résultat.
     
    Le 2ème avantage de la LED c’est qu’on peut l’utiliser pour la vidéo.
     

    10 conseils pour choisir votre matériel et débuter en lumière artificielle en 2024

    1- Investir dans une torche de minimum 150 watts. Sinon vous allez devoir monter dans les ISO, et galérer sur des photos où vous avez besoin d’une grande profondeur de champs. C’est quand même dommage de travailler en lumière artificielle et perdre en qualité à cause d’un manque de luminosité !
     
    Les marques que je vous recommande pour vous équiper à petit prix (oui même 400€ pour une torche, ça reste un “petit prix” en photo) : Godox et Nanlite. ( Perso j’ai une Godox SL 150 et une Nanlite FS 300 )
     
    2- Choisir une marque avec une monture très courante, qui vous permettra d’utiliser des accessoires de marques différentes. La monture la plus courante dans le matériel d’entrée de gamme c’est la fameuse “Bowens” (du nom d’une marque d’éclairage). Godox et Nanlite sont sur ce type de monture. Les grandes marques d’éclairage pro (Elinchrom, Profoto, Broncolor…) ont chacune leur propre monture, il faut donc acheter leurs accessoires (et les prix sont carrément dans une autre sphère 😅)
     
    3- Oublier (mais vraiment) les softbox avec des ampoules intégrées (genre ça) 
    Déjà parce que la qualité de rendu n’est pas terrible, mais aussi parce que ce n’est pas très puissant, qu’on ne peut pas régler la puissance et que ça ne permet pas d’utiliser d’autres accessoires (et que souvent la taille des softbox est assez petite).
     
    4- Ne pas acheter une softbox trop petite. Elle ne vous permettra pas d’avoir un rendu similaire à celui d’une lumière naturelle avec une grande fenêtre. Visez plutôt une taille type 80×120 ou une grande octo. Si vous n’avez pas la place de la stocker montée, optez pour une version qui se déplie facilement, car monter et démonter une softbox c’est pas le plus fun à faire 3 fois par semaine.
     
    5- Acheter un pied stable pour votre éclairage. Car si vous montez une grande softbox, ça pèse un peu et ça prend de la place. Le top ce sont les C-Stands, des pieds à la base utilisés dans le cinéma mais qui deviennent la norme en studio photo. Mais ils sont plus lourds, plus encombrants et plus chers (et plus chiants à stocker !). Si votre pied est un peu trop léger, il faudra impérativement utilisez des sacs de sable pour le stabiliser et le lester. Et penser à la remplacer. 
     
    Important également : toujours aligner votre source de lumière si elle est lourde, de grande envergure ou déportée sur un bras (torche + softbox par exemple, si c’est juste une torche nue ou avec un bol, sur un C-stand – sans le bras de déport- vous ne risquez pas grand chose, mais cette règle est une bonne habitude à prendre « par défaut » pour installer vos lumières) sur une des jambes de votre pied (voir photo ci-dessous) pour que ça ne risque pas de chuter en avant (et idem, si votre source est lourde, lestez avec un sac de sable pour bien stabiliser et ne pas prendre de risque).
    6- Une softbox n’est pas obligatoire. Oui oui vous m’avez bien lue ! On peut comme je l’ai expliqué plus haut travailler avec une lumière indirecte réfléchie sur une grande surface blance, mais aussi tout simplement diffuser avec … (gros roulements de tambour) un diffuseur ! L’avantage c’est qu’on peut alors maitriser la distance entre notre source et la surface de diffusion, utiliser ou non un bol, des grilles nid d’abeille, et donc contrôler encore plus la qualité de la lumière. 
     
    7- Pour un rendu naturel, placer la lumière comme si c’était une fenêtre. Donc pas devant le sujet ni complètement au dessus de votre set ! Et comme dans la nature on n’a qu’un seul soleil, on n’utilisera pour reproduire la lumière du jour qu’une seule source lumineuse quand on débute. (Ensuite, quand on sait bien utiliser et doser la lumière on peut utiliser plusieurs sources pour un rendu qui reste naturel, mais là il faut de la maîtrise).
     
    8- Eviter de mélanger lumière naturelle et artificielle quand on débute. Je précise “quand on débute” car c’est tout à fait possible mais ça demande de la maitrise. Le risque : avoir deux directions de lumière avec des ombres qui se croisent (et donc un rendu pas du tout naturel), des températures de couleurs différentes sur l’image (bon courage pour gérer la balance des blancs). Pour éviter ces galères on fermera idéalement les rideaux (occultants) ou les volets ou on placera un tissu noir sur la fenêtre. Si jamais ce n’est pas possible : placer un drap blanc sur ta fenêtre, ça va diffuser la lumière et en absorber un peu sans changer sa couleur et placer la lumière dans la même direction que celle de la fenêtre, ainsi il n’y aura qu’une seule direction de lumière.
     
    9- Apprendre à penser autrement. En lumière naturelle, c’est nous qui nous adaptons à la lumière. On se positionne par rapport à la fenêtre, on bouge nos réglages quand il n’y a pas assez de lumière. Avec la lumière artificielle on va pouvoir faire l’inverse : adapter la lumière à nos envies ou besoins. On va ainsi pouvoir déplacer notre source (et pas notre set !), augmenter la puissance, gérer vraiment la qualité, choisir la taille de la surface de diffusion (et ne plus être limité par celle de la fenêtre).
     
    10- Si la LED te limite pour certaines photos à cause de sa puissance, tu peux investir dans une (ou deux !) torches flash, une fois que tu maitrises la manière de travailler ta lumière, apprendre à utiliser un flash te paraitra moins insurmontable. Et le rendu sera le même. La qualité de la lumière dépend de comment on la travaille, pas du type de source (LED ou flash) utilisé. (Même si à un certain niveau on peut voir de légères différences, sur des photos de recettes, ça sera imperceptible). Perso j’utilise ce modèle de flash pas « entrée de gamme » mais quand même très bon marché de chez Godox.

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  • Checklist shooting culinaire

    Pour ne rien oublier lors d’un shooting, rien de tel qu’une checklist ! Quand on débute, on peut facilement se laisser déborder par le temps, des problèmes techniques et faire l’impasse sur une étape ou du matériel. Avec cette liste à cocher, vous savez où vous en êtes pendant toutes les phases de votre image. Préparation, shooting et post-production. 

  • Ebook Composition

    ebook photographie culinaire composition

     

    En 2019 et 2020 vous avez été nombreux/euses à me suggérer de lancer des ebooks sur la photographie culinaire.

    Je suis donc ravie de vous présenter le premier destiné à booster vos images à l’aide d’exercices pratiques, de photos décryptées et de conseils pour plonger dans le monde passionnant de la composition.

  • Débuter en photo culinaire

    Vous voulez vous lancer plus sérieusement dans la photographie culinaire mais vous sentez un peu perdu·e ? Cette série d’articles vous est dédiée. Aujourd’hui nous allons voir quels sont les éléments indispensables à acquérir (pas forcément tous en même temps) pour se lancer. 

    Avant de parler technique ou créativité, il est primordial de passer en revue le matériel nécessaire. Le sujet est vaste et je pourrait vous en parler pendant des heures, mais voici un résumé de ce que je vous recommande.

    MATERIEL PHOTO

    Pas besoin d’un studio tout équipé pour débuter. Mais quelques incontournables, bien choisis et qui pourront durer. 

    S’il est possible de prendre des photos avec un téléphone, je pars du principe que le seul appareil dédié et adapté à la photographie est un appareil photo. C’est mon petit côté vieille école. 

    On trouve des reflex à tous les prix, les modèle d’entrée de gamme sont aujourd’hui à la fois très abordables et performants. Un boitier pro, plus cher, n’est pas forcément un bon investissement quand on débute : ses fonctionnalités plus poussées ne vous offrirons pas de meilleures images si vous ne maîtrisez pas la lumière et la composition. Vous avez peut-être déjà entendu parler de « full frame » ? Les reflex peuvent avoir deux types de capteurs : le « plein format » (en référence à la taille des films 24×36 mm des reflex argentiques sur lequel les capteurs numériques ont été basés ) ou un format plus petit dont le plus courant est l’APS-C. La taille du capteur a une importance : avec le même objectif, un capteur APS-C n’aura pas la même distance focale (un objectif de 50 mm sera par exemple équivalent à un 80 mm, résultat : le sujet sera grossi ou rapproché). Il existe des optiques dédiées aux capteurs APS-C, dont la focale est souvent donnée en « équivalent 24×36 » qui ne fonctionnent qu’avec ces capteurs. Si vous débutez avec un capteur APS-C et optez pour des optiques dédiées, il faudra en changer si vous passez un jour au full frame. Depuis quelques années, les constructeurs de boitiers photo délaissent le reflex pour les hydrides haut de gamme (et moyenne gamme), les boitiers sont plus légers et petits car on supprime le système de visée reflex, son prisme et son miroir, mais la qualité du matériel et des images sur ces boitiers continue d’augmenter. Canon et Nikon arrêtent définitivement les reflex, mais les optiques peuvent être utilisées sur les boitiers hybrides grâce à une bague d’adaptation.

    DSLR = Digital Single Lens Reflex 

    Quelques cartes mémoire (Compact Flash ou SD selon votre boitier) seront nécessaires pour stocker vos photos lors du shooting. Leur coût étant au fil du temps de plus en plus abordable et les fichiers de plus en plus lourds, je vous conseille d’investir dans 2 ou 3 cartes de 32 ou 64 Go qui vous permettront aussi de stocker de la vidéo (et vous éviteront de devoir vider vos cartes trop souvent). Si vous faites de la vidéo, choisissez des cartes adaptées à sa pratique avec une capacité de stockage importante (128 ou 256 Go), une vitesse d’écriture et de lecture élevée (V90, U3, C10). Si vous n’avez que des vieilles cartes mémoire il faudra investir si vous voulez faire de la vidéo (en photo c’est moins gênant). Les cartes plus performantes sont plus chères (mais le prix du stockage a tendance a baisser avec le temps – il y a 15 ans un disque dur externe de 100g0 coûtait 100€ !)

    Vous aurez peut-être besoin également d’un lecteur de carte, selon votre configuration informatique et votre type de boitier.

    Optiques c’est l’autre petit nom des objectifs. Il en existe deux sortes : les focales fixes et les zooms. Les focales fixes ont comme leur nom l’indique (roulement de tambour), une focale fixe (24 mm, 50 mm, 80 mm etc). Les zooms offrent une plage qui s’étend d’une focale à une autre par exemple  24-70 mm, 70-200 mm. Certaines optiques sont dites macro : elles permettent de photographier de près. Une très bonne option pour démarrer en photo culinaire est le 50 mm. Il correspond à la vision humaine (il ne rapproche pas le sujet, ni ne l’éloigne comme le ferait un grand angle) et permet de réaliser des images variées. Les premiers prix peuvent offrir des optiques très correctes comme le 50mm de Canon qui ouvre à f/1.8 et coûte moins de 120 €.

    Le trépied permet de fixer l’appareil. Les avantages sont multiples. Une fois votre angle de vue calé, vous gardez le même sur toutes les photos (il est quasi impossible de retrouver un point de vue à main levée). En cas de faible luminosité, vous pouvez faire une pose longue et ne pas toucher aux ISO ni à l’ouverture choisie. Le trépied est surmonté d’une rotule sur laquelle on vient fixer le boitier (l’autre petit nom de l’appareil photo) . Il existe des rotules 3D avec 3 manettes qui permettent chacune de bouger dans une direction à la fois et des rotules montées sur une boule, où l’on peut bouger l’appareil plus librement (mais avec moins de précision). 

    Un diffuseur pliant est un basique à avoir impérativement. Comme son nom l’indique il diffuse la lumière et permet de l’adoucir, de donner du modelé aux formes et d’éviter les contrastes trop fort ou des ombres trop marquées. Budget = 25-60€ selon la taille pour une marque premier prix. Il se replie comme une tente Quechua et peut se ranger très facilement, idéal quand on shoote dans son salon !

    Conseil : préférez les diffuseurs ovales ou rectangulaires si vous avez la place de les stocker et avez de grandes fenêtres. 

    Un réflecteur blanc vous permettra de déboucher les ombres et atténuer les contrastes, mais également de ramener de la lumière sur une partie de votre sujet qui en manquerait. Il existe des réflecteurs pliants (certains font d’ailleurs également diffuseurs) mais la récup et le fait maison vous permettront quelques économies (et personnellement je trouve que les réflecteurs pliants sont peu pratiques à l’emploi). Ce qu’il vous faut c’est une surface blanche. Plaque de polystyrène, carton plume, carton peint ou recouvert de papier blanc feront de parfaits réflecteurs. 2 réflecteurs de taille moyenne ( 30 x 50 cm ) et un grand (format raisin ou plus) seront parfaits.

    vaisselle blanche
    Marie Laforêt - photographe culinaire vegan - décourvrir photo culinaire

    Le terme stylisme désigne à la fois les accessoires, le fait de styliser le sujet de la photo et quand on parle de stylisme culinaire, de réaliser le plat ou préparer le sujet de manière à le rendre photogénique. Là encore, un vaste sujet qui ne sera ici qu’effleuré pour parer à l’essentiel.

    STYLISME

    Vous n’avez pas de placards remplis de belle céramique et d’accessoires vintage ? Pas de panique !

    En matière de stylisme il y a aussi des indispensables, des basiques, qui vous suivront pendant longtemps.  Pour vous éviter de dépensez inutilement de l’argent, j’y ai ajouté quelques conseils.

    La vaisselle blanche est LE basique indémodable, qui va avec tout et met facilement en valeur la nourriture. Neutre par excellence c’est la couleur à choisir si vous hésitez. Pour plus d’effet, optez pour des textures rugueuses, de la céramique, des formes légèrement irrégulières pour éviter le côté trop « clean » et « clinique » du blanc tout en gardant son aspect minimaliste.

    A éviter : les surfaces trop brillantes qui sont un enfer à shooter, les assiettes trop grandes, les motifs dont on se lasse vite, les couleurs criardes, et les formes trop géométriques (oubliez les assiettes carrées).

    Ce sont les accessoires essentiels qui vont vous aider à construire votre histoire visuelle. Ils vont simuler une table, une ambiance « comme dans la vraie vie » (même si dans la vraie vie, personne ne pose une assiette sur un torchon… ). Il n’est pas nécessaire d’en avoir une tonne, mais d’avoir les bons basiques : du blanc, du gris, des tons froids (qui mettent mieux en valeur la nourriture) et des matières nobles comme le lin pour les tissus, des verres aux belles lignes, des couverts patinés à chiner en brocante pour pas cher.

    A éviter : les imprimés tendance que vous ne réutiliserez pas passé 6 mois, les couleurs trop vives, les verres ou couverts trop grands ou trop imposants.

    Ah les fonds photos… Quel photographe culinaire ne rêve pas de trouver LA vielle planche parfaite au coin de la rue ? Et bien en fait c’est possible ! Même en ne vivant pas à la campagne. J’ai trouvé certaines de mes vieilles planches aux encombrants, vous pouvez aussi faire un tour en déchèterie. Soyez à l’affut ! Vous pouvez réaliser des fonds vous même à l’aide de planches peintes ou utiliser des chutes de parquet en bois. Il existe également des fonds photo en vinyle, papier ou tissus qu’il suffit de dérouler et qui imitent le bois, le béton, le marbre etc. Enfin, une table, un plan de travail, du tissu avec une jolie trame ou un fond papier uni font également d’excellents fonds pour les photos.

    Mon conseil : optez là aussi pour des couleurs neutres : blanc, gris, bois, noir. Les fond colorés vont renvoyer de la couleur sur la nourriture donc gare aux couleurs vives.

    Les ingrédients peuvent aussi être des éléments du stylisme et participent à raconter l’histoire de la recette. Fruits & légumes, aromates et épices viendront agrémenter votre mise en scène. Les fleurs et le feuillage créeront une ambiance naturelle et onirique et aideront à rappeler les saisons.

    Planches à découper, vieilles plaques de cuisson en métal, objets patinés par le temps, vieux ustensiles etc, vont donner du relief et apporter de l’authenticité à vos photos. Je les inclus dans les indispensables pour débuter car chiner permet se constituer au fil des années un fond de stylisme unique avec un mini budget. 

    Attention je vous préviens : vous ne ferez plus jamais les brocantes pareil !

    Débuter en photo culinaire
    Retouches photos

    POST-PRODUCTION

    Avec les fichiers numériques tout comme en argentique, il faut développer sa photo et l’interpréter avant de la montrer sous sa forme définitive. 

    Pour cela, on peut utiliser différents logiciels. Je vous parle ici des deux logiciels les plus utilisés et les plus faciles d’accès, Lightroom et Photoshop, qui sont accessibles ensemble en abonnement pour 23,99 € / mois .

    Lightroom est un logiciel de traitement photo.

     Il peut être utilisé seul ou au préalable de Photoshop. Il sert à la fois de : logiciel de capture et permet de shooter connecté à son ordinateur ; logiciel de gestion des photos avec sa bibliothèque qui permet d’importer les images et de les indexer ; logiciel de traitement d’image complet puisqu’il permet de développer les fichiers RAW et appliquer les réglages de son choix, y compris via des presets et d’exporter les photos. Ce n’est cependant pas un logiciel de retouche photo à proprement parler.

    En bref : Lightroom permet de capturer, sélectionner et traiter rapidement les photos d’une même session sans devoir ouvrir les photos individuellement comme dans Photoshop, il permet de travailler de manière localisée sur les photos notamment grâce aux masques, mais ne permet pas de retoucher réellement ni de faire des montages.

    C’est le premier logiciel de retouche photo et il est toujours considéré comme LA référence. Il intègre depuis 2023 des fonctions de remplissage génératif piloté par une IA.

    Il offre des outils et des fonctionnalités bien plus poussés que Lightroom qui permettent d’effectuer des retouches localisées complexes et des montages. Il contient le plug-in Camera Raw qui permet de développer les fichiers raw et d’appliquer des premier réglages avant développement du fichier, comme l’onglet « Développement » de Lightroom (mais avec moins d’options). 

    On peut l’utiliser seul (ce que les photographes faisaient avant l’apparition de Lightroom) mais Lightroom permet de gagner du temps lors de l’editing et du développement. Parfois le traitement dans Lightroom peut suffire à une image, mais Photoshop permet d’aller beaucoup plus loin grâce aux calques et masques de fusion, fluidité ou aux outils qui permettent de dupliquer des textures et il serait dommage de s’en priver ! Photoshop est pour moi un incontournable et toutes les photographes que j’ai accompagné ces dernières années et qui ne l’utilisaient pas sont devenues de vraies fan malgré de grosses réticences au départ pour certaines.

    Utiliser ces logiciels demande d’avoir un ordinateur avec un peu plus de RAM que pour faire du traitement de texte et également une carte graphique pas trop dans les choux. 

    Les photos, surtout les images en PSD (Photoshop Document) et en haute définition, ça prend de la place ! Vous aurez donc certainement vite besoin d’investir dans un disque dur externe avec une bonne capacité ( plusieurs Go) pour les stocker. C’est également le cas si vous faites de la vidéo, où un disque SSD (qui stocke sur de la mémoire flash et est donc plus rapide) vous sera très précieux pour stocker vos rushs et fichiers de travail.

    Vous souhaitez progresser en photographie culinaire ? Rejoignez mon groupe Facebook réservé aux passionné·e·s et ouvert aux débutant·e·s. J’y propose des challenges, astuces et vous offre mes conseils lorsque vous me sollicitez. 

  • Photo culinaire : le style moody

    Moody = maussade, mélancolique

    On n’a pas vraiment de traduction française pour moody, qui caractérise une humeur maussade ou morose, le dictionnaire Merriam-Webster définit le mot comme “sujet à la dépression” et synonyme de gloomy qui apporte l’idée d’une ambiance carrément cafardeuse. Alors le fameux moody serait-il le style de la déprime ?

    Moody comme un mois de novembre ?

    J’ai travaillé les photos de mon dernier livre qui porte sur les recettes végétales de fêtes dans un style moody (+ des éléments de Noël) qui n’est pas simplement rustique ni juste un style dark. Je crois qu’on peut attribuer au moody l’idée d’une lumière d’automne (plutôt fin octobre et novembre) et d’hiver, des couleurs froides, pas forcément trop saturées. Pourtant ces photos je les réalisées en juin & juillet, c’est donc un style qui se travaille, pas simplement des images shootées à une certaine période. Quand je pense “moody” j’ai d’emblée l’image d’une campagne en plein hiver par temps gris, c’est froid, pas franchement accueillant, un peu déprimant, mais avec un je-ne-sais-quoi de mystérieux et hors du temps. Exit donc les lumières trop dures car trop estivales, mais on veut du contraste et donc des ombres, donc pas de réflecteurs dans tous les sens. La température de couleur sera généralement plutôt froide, malgré les détails rustiques. Attention aux jaunes de la nourriture qui doivent rester appétissants et dorés, on est toujours en photographie culinaire donc on pense à la nourriture, notre sujet principal.

    Moody = rustique ?

    Ce n’est pas parce que le mot est tendance en ce moment que les photographes culinaires et les blogs découvrent ce style de photo. Il y a 8 ans, la vague du rustique débarquait en photo culinaire et mettait un petit coup de pied dans la fourmilière rose sur fond de bois blanc parée de tissu liberty qui était très tendance. Le style rustique apporte de l’authenticité au story-telling et a un aspect intemporel. La photographe Katie Quinn, reine du néo-rustique faisait déjà du moody sur une partie de ses images, bien avant que ce mot n’arrive dans notre vocabulaire en France. Pourtant rustique ne veut pas forcément dire moody. On peut faire du rustique rétro, campagne, printanier qui ne sera pas moody pour autant. A l’inverse on peut parler d’un sujet printanier avec des fleurs comme ci-dessous tout en étant trèèèès moody. Ce n’est pas juste une question de sujet et de stylisme, mais aussi de lumière, de couleurs et de traitement en post-production. Et avant tout d’émotion et de regard que l’on pose sur le sujet. Personnellement je trouve qu’il y a une pointe de nostalgie dans le style moody.

    Sur Pinterest : mon album de photos dans le style Rustique

    Moody = dark ?

    Je ne sais pas si vous vous en souvenez, mais il y a déjà plusieurs années de cela tout le monde s’est mis à faire des photos sombres. Y compris des photographes qui jusqu’ici avaient un style très lumineux et poétique. Certaines personnes se sont “trouvées” dans ce style, d’autres en sont revenues ou n’y font appel que plus occasionnellement. Tout ça pour vous dire que le fameux moody, n’est pas franchement une nouveauté en photo culinaire, c’est peut-être (seul l’avenir nous le dira) une lame de fond en matière de tendance visuelle. Mais il ne suffit pas d’assombrir ses photos pour faire du moody et on peut avoir une photo dans une ambiance sombre qui ne sera pas moody du tout. Par exemple sur la photo ci-dessous, on est dans une ambiance sombre, même un peu mystérieuse mais pas franchement caractéristique du style moody. On peut même avoir une photo très moody et pas sombre comme ici (même si c’est plus rare) bref c’est plus une affaire d’émotion que de critères.

    Sur Pinterest : mon album “Food : dark & moody”

    Définir le style moody

    En matière de narration visuelle je vous conseille de toujours vous approprier un sujet de manière personnelle. Même si le style est un langage, chaque personne aura toujours un sens très personnel des mots. Pour les tendances et styles en photographie culinaire il n’y a pas de définition officielle. On observe simplement la tendance se répandre et comment chaque photographe la retranscrit selon son univers visuel. On trouve des photos moody très épurées et même carrément dépouillées, d’autres plus foisonnantes et colorées. C’est en rapprochant les points communs entre toutes les images qui composent ce style qu’on peut définir ses grandes lignes : contrastes, ambiance rustique et intemporelle, tons froids, mais la tendance des tons chauds commence à s’imposer un peu plus, matériaux bruts, bois, métal, clair-obscur, beaucoup de photos de gestes, de plats en préparation plus que de plats finis, on ressent un côté très “slow food” et une naturalité dans ces images. Vous l’aurez certainement compris à ce stade : il faut trouver ce qui résonne de moody en vous.

    Les DO & DON’T du style moody

    DO : les matériaux bruts et naturels, la vieille vaisselle, la céramique artisanale, les objets patinés par le temps, le métal vieilli, les planches et tables en bois, les fonds sombres, les tabliers en lin, la lumière directe diffusée sans réflecteur ou pas trop proche, les panneaux noirs pour créer des ombres, vous plongez dans cette ambiance pour bien la sentir, créer vos presets LR perso, ajouter des éléments végétaux, vous éloigner un peu de la fenêtre, travailler le story-telling, visualiser votre lumière dans votre tête avant, tester différentes diffusions…

    DON’T : les objets et matériaux trop modernes, les lumières trop léchées, les ombres trop débouchées, abuser de l’outil clarté, les tissus et la vaisselle aux couleurs vives (sauf dans de rares cas), les compositions trop géométriques, la sous-exposition, le plat qui n’est pas assez dans a lumière, les couleurs de la nourriture désaturées, le manque de contrastes, les lumières trop dures ou estivales, un aspect trop “lisse” et “propre”..

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